Premier d’entre eux, la filière canne : elle revêt un enjeu majeur pour l’agriculture réunionnaise. C’est pourquoi je suivrai avec une grande attention la mise en œuvre des engagements du Président de la République notamment en matière de compensation financière.
Concernant la problématique des marchés publics, j’ai rappelé que l’article 4 de la loi du 3 juin 2013 sur la qualité de l’offre alimentaire en outre-mer oblige dorénavant les collectivités à favoriser, pour l’attribution des marchés publics de la restauration collective, les « circuits courts », c’est-à-dire la production locale. Cela constitue un progrès significatif dans l’accès des produits réunionnais à la commande publique et aux tables de nos cantines scolaires. Pour autant, j’ai souligné que ce combat n’en était qu’à ses débuts et que nous devions encore mettre à profit tous les outils législatifs existants, notamment la notion de « produits frais », pour accélérer ce processus au service de nos enfants comme de nos agriculteurs.
Nous avons également abordé la loi sur l’avenir de l’agriculture adoptée le 11 septembre 2014, un texte qui a été fortement enrichi grâce au travail des parlementaires et à l'ouverture d'esprit du gouvernement. Dans ce cadre, je me réjouis tout particulièrement de voir reconnu par la loi le principe de la "compensation agricole", un principe très attendu par la profession. Dorénavant, pour tout projet de zone commerciale, de route, d'infrastructure qui consomme des terres agricoles, les pertes de potentiel agricole devront être compensées par le financement de projets permettant de recréer de la valeur ajoutée sur le territoire. Pour rappel, en ma qualité de vice-président du Conseil Général à l’agriculture de 2008 à 2011, j’avais déjà fait appliquer le principe de compensation immédiate et intégrale des surfaces et des valeurs agricoles perdues lors de l’installation de 50 hectares de photovoltaïque à Sainte Rose. Cette mesure a permis de conquérir de nouveaux espaces agricoles, jusque-là en friche, dans les hauts de la commune. Je salue que ce principe soit désormais inscrit dans la loi ; ce qui constitue une protection efficace pour le maintien de la production et du foncier agricole. Il s’agit là d’une mesure forte conciliant préservation des surfaces agricoles et nécessité de construction d’infrastructures, tous deux nécessaires pour le développement de notre île.
J’ai également rappelé les avancés apportées dans le cadre de la loi sur les retraites agricoles, insistant plus particulièrement sur la mesure garantissant une pension minimale de 75% du Smic pour les chefs d’exploitation ayant effectué une carrière complète, soit une hausse de pouvoir d'achat de plus de 350 euros. Là encore, cette importante mesure de justice doit être étendue. En effet, celle-ci ne s’appliquera qu’aux futurs exploitants agricoles partant à la retraite, excluant de fait des personnes ayant pris leur retraite avant l’entrée en vigueur de la mesure. A la Réunion, 600 personnes continueront donc à ne percevoir qu’une très petite retraite agricole sans pouvoir bénéficier de la revalorisation prévue par la loi. J’estime qu’au nom du principe d’égalité et de lutte contre la précarité, ces personnes ont le même droit à percevoir une compensation équivalente, et je m’engage à défendre leur cause auprès du gouvernement.
Concernant le prix de rachat de l’électricité. Actuellement, le rachat de l'électricité issu de la bagasse (15 euros/tonne) est 35% moins cher que le rachat de l'électricité issue des énergies fossiles. Cela va à l’encontre des objectifs fixés pour favoriser les énergies renouvelables. C’est pourquoi que je porterai un amendement dans la cadre de la loi sur la transition énergétique, proposant un prix de rachat a minima identique à celui des énergies fossiles.
Le Député